Citadelle d’Ajaccio – Ouverture !

Dimanche 4 juillet s’est déroulée la soirée inaugurale pour l’ouverture de la citadelle d’Ajaccio au public. « Hè viva ! » Une première en cinq siècles pour un édifice n’étant pas destiné à être accessible aux habitants, du fait de son profil militaire. Retour sur cette soirée. 

  • Ci-dessous, un tour de la citadelle en drône, réalisé avec @Spassighjata20

Cela fait deux ans jour pour jour que la citadelle est revenue à la municipalité d’Ajaccio, et depuis dimanche, aux Ajacciens ! Elle deviendra bientôt un quartier à part entière de la vieille ville. Si de nombreux projets sont actuellement à l’étude, le devenir du lieu est pour le moment encore incertain, voire flou. Un espace muséographique, des logements, de l’artisanat ? La SPL Ametarra, ses collaborateurs et la ville d’Ajaccio ne semblent pour l’heure pas avoir arrêté leur décision quant à la forme que prendra cet édifice, cependant une chose est sûre, l’art y aura toute sa place. Et il s’est déjà immiscé à l’intérieur de la fortification :

  • Les photographies de Céline Clanet ornent les murs des bâtiments, parfois cachées et intégrées à l’architecture. Un vrai travail de détective vous attend !
  • Le collectif Parenthèse investit les lieux durant tout l’été, telle une « prise d’assaut », afin de réaliser une œuvre participative. Vous pourrez croiser les membres de collectif sur la place du marché, tôt le matin, accompagnés de leur atelier mobile, discutant avec les Ajacciennes et Ajacciens de leur vision du projet de la citadelle. A cette occasion, vous aurez aussi la chance d’y laisser votre empreinte !
  • Une œuvre de l’artiste Baptiste César, « l’agave parabolique », trône quant à elle sur le bastion San’Ghjacumu. Très colorée et de grande taille, elle est visible depuis l’extérieur. De quoi rajouter une touche de sensibilité, de modernisme et de gaieté à notre vieille citadelle !
Laurent Marcangeli laisse son empreinte à la citadelle.

Sogni di strati, une soirée toute en couleurs donc, placée sous le patronage de l’art durant laquelle nous avons croisé un chevalier interprétant à la batterie la chanson Iron Man de Black Sabbath. Un spectacle étonnant et improbable en ces lieux, réalisé par Nicolas Fenouillat !

Puis, un moment touchant avec Jérémy Alberti et Charlotte de Casanova faisant une lecture croisée des notes de René Char mêlées à des extraits de la biographie de Fred Scamaroni, sous une lumière bleue créant un effet froid et romantique à la fois.

Ensuite, nous nous déplaçons et une chorégraphie de Kevin Naran et Creacorsica intimement liée à l’architecture et à la position particulière de la citadelle, au bord de la Méditerranée, nous donne l’impression de repousser les murs de la fortification et de voguer sur l’eau, au gré des vagues.

En fin de soirée, succédant aux vagues chorégraphiées, la musique et la vidéo sont à l’honneur. Un spectacle de vidéomapping réalisé par Ange Leccia sur la façade de l’’un des bâtiments, est accompagné de la musique cosmique de Elori Saxl, en direct. Là encore, un moment touchant que nous avons pu contempler. Une compositrice, semblant seule dans son monde, face à l’œuvre d’art qu’elle met en musique, selon son instinct et les sentiments qu’elle ressent à l’instant présent.

Par ailleurs, depuis le 22 juin et ce jusqu’au 30 septembre, un spectacle de vidéomapping est donné tous les soirs à partir de 21h30. Les mémoires d’Ajaccio retracent trois grands voyages de Napoléon à l’occasion du bicentenaire de sa mort. Des animations résolument contemporaines et numériques ayant pour objectif d’attirer de nouveaux publics et de favoriser la réappropriation de la citadelle par les Ajacciens.

En ce qui concerne l’évolution de la citadelle en elle-même, peu d’informations, mais deux entrées seront créées afin de rendre l’édifice accessible aux piétons et véhicules : une passerelle sera construite partant de la place centrale de la fortification vers la rue Bonaparte, réservée aux piétons, et un tunnel donnant sur le vieux port, destiné aux véhicules utilitaires. L’intérieur de l’enceinte quant à elle restera semble-t-il uniquement piétonne.

Deux améliorations donc, qui auront pour objectif d’inscrire la citadelle dans le quartier de la vieille ville et d’en dessiner la continuité, l’intégrant à son paysage. Rappelons que la ville s’est construite à partir de 1492 autour de la fortification. Un élément essentiel de la construction d’Ajaccio, d’autant plus que cet édifice représente en superficie, 1/3 de la vieille ville !

S’ils sont certes admiratifs, de nombreux Ajacciens se posent néanmoins des questions légitimes quant au devenir de la citadelle, et l’évolution du projet. Des logements seront-ils créés ? Et de quel type ? Si c’est le cas, au vu du prix de l’immobilier à Ajaccio, démesuré par rapport au taux de précarité, on peut se demander qui aura les moyens d’acquérir un logement dans un lieu si remarquable.

Baptiste Mariani, Lelia Luciani

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