Kanaky : Louis Mapou, le 1er Président indépendantiste

Louis Mapou a été élu ce jeudi, le 8 juillet 2021, premier Président indépendantiste de Kanaky. C’est aussi la première fois, depuis l’Accord de Nouméa, qu’un indépendantiste devient chef du gouvernement collégial.

Les différents mouvements indépendantistes kanaks, devenus majoritaires depuis le 17 février 2021, n’arrivaient jusque-là pas à s’entendre, provoquant une longue paralysie institutionnelle : chacun des deux courants – l’UNI-FLNKS (Union nationale pour l’indépendance) de Louis Mapou, et l’UC-FLNKS (Union calédonienne) de Samuel Hnepeune – avait en effet obtenu 3 ministres élus sur les 11 que compte le gouvernement collégial de Nouvelle-Calédonie. Après cinq longs mois de tractations entre les deux partis, un accord a finalement été trouvé à Nouméa.

  • Ci-dessous, un reportage revenant sur le parcours de Louis Mapou, réalisé par Franceinfo ( 1min 47 )

En 1988, lors du passage de la « mission du dialogue », Louis Mapou n’avait pas 30 ans. Porte-parole du FLNKS, il avait alors déclaré : “Le FLNKS affirme qu’aucun dialogue, aucune négociation ne pourront se faire tant qu’un état de guerre imposé par les forces armées demeure en Kanaky”.

En route vers un 3ème référendum décisif ?

Le 3ème référendum d’autodétermination aura lieu le 12 décembre 2021. Quel qu’en soit le résultat, la Nouvelle-Calédonie devra se doter d’un nouveau statut. Le 26 mai dernier, des représentants des différentes formations politiques loyalistes et indépendantistes se sont réunis à Paris pour débattre de l’avenir institutionnel de la kanakie.

Le mercredi 2 juin 2021, après une semaine de négociations, le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a annoncé la date du 3ème référendum prévu par l’accord de Nouméa, précisant que cette date ne faisait pas l’objet d’un consensus. Il avait alors ajouté que, quelle que soit l’issue de la consultation, une “période de convergence, de discussions et de stabilité” s’ouvrira jusqu’au 30 juin 2023.

  • Si le oui l’emporte : « il faudra prendre le temps jusqu’en 2023 pour clarifier le lien entre la République française et le nouvel État indépendant », il y aurait alors« une 1ère consultation référendaire pour que le nouvel État puisse arrêter sa constitution. »   
  • Si le non l’emporte, l’accord de Nouméa étant caduc :« il faudra alors dessiner une autre voie pour les institutions de Nouvelle-Calédonie. »

Quoi qu’il arrive, il y aura donc une 4ème consultation référendaire, qui sera en fait la première consultation d’une nouvelle ère post-Nouméa.

Conclu le 5 mai 1998, l’accord de Nouméa prévoyait l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour 2018 au plus tard avec une possibilité de trois votes en cas de victoire du “non”. Les deux premières consultations sur l’accession à la pleine souveraineté ont donné une victoire au Non, mais l’écart s’est réduit. En 2020, le non a reculé de 56,7% à 53,3%, le oui progressant de 43,3% à 46,7%.

À noter que notre partenaire, ALLINDI SVOD, propose sur sa plateforme un documentaire en deux parties signé André Waksman, intitulé Merci la France. Le réalisateur y étudie en parallèle les effets de la politique française appliquée à deux territoires à forte identité: la Kanaky … et la Corse ! Le fil conducteur de cette œuvre était Dumè Gallet. Décédé en 2013, cet ancien membre de Canta u Populu Corsu fut l’un des tous premiers indépendantistes à être élu à l’Assemblée de Corse, en 1984.

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