REFERENDUM EN KANAKY : L’APRES NOUMEA

Le 3ème référendum d’autodétermination a eu lieu le 12 décembre. Sans surprise, du fait de l’appel à l’abstention des indépendantistes, le NON s’est très largement imposé avec 96.49% des votes, pour un taux de participation – 43.87% – bien plus faible que précédemment (81% en 2018, 85.69% en 2020). Alors que le gouvernement salue la « volonté de rester français », les nationalistes, eux, considèrent ce scrutin comme un hold-up commandité par la France. D’après l’accord de Nouméa, des discussions devraient démarrer quant au nouveau statut à donner au territoire d’Outre-mer.

L’accord de Nouméa

Négocié à la suite des accords de Matignon de 1988, l’accord de Nouméa prévoyait le transfert irréversible de certaines compétences de la France vers la Nouvelle-Calédonie dans de nombreux domaines à l’exception de la Défense, la sécurité, la justice et la monnaie. Signé le 5 mai 1998 à Nouméa sous l’égide de Lionel Jospin, à l’époque Premier ministre, cet accord avait la particularité d’être contraignant pour l’État, car tout retour en arrière quant aux compétences transférées devrait passer à la fois par un référendum et une modification constitutionnelle. Il prévoyait par ailleurs trois référendums sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, en cas de vote négatif pour les deux premiers. Contrairement aux deux précédents, le référendum de 2021 a fait l’objet d’un boycott de la part des indépendantistes en raison du refus de l’État d’en repousser la date d’organisation.

Les raisons du boycott

Le 8 juillet 2021, l’indépendantiste Louis Mapou devenait chef du gouvernement collégial de Kanaky, une première depuis l’Accord de Nouméa. Forts d’une dynamique positive, les indépendantistes demandaient néanmoins un report du troisième référendum, en raison d’une période de deuil prolongé pour les familles kanakes frappées par le Covid-19. Les « loyalistes », quant à eux, dénonçaient l’utilisation de la pandémie comme prétexte afin d’éviter la défaite, le Covid ayant mis en valeur selon eux l’action du gouvernement français.

Et maintenant ?

Le référendum de 2021 marque la fin de la période définie par l’accord de Nouméa. Cette periode devra être suivie une transition permettant de définir un nouveau statut pour l’archipel au sein de la République française. Ce texte devra être lui-même soumis à référendum courant 2023. 

À noter que notre partenaire, ALLINDI SVOD, propose sur sa plateforme un documentaire en deux parties signé André Waksman, intitulé Merci la France. Le réalisateur y étudie en parallèle les effets de la politique française appliquée à deux territoires à forte identité: la Kanaky … et la Corse ! Le fil conducteur de cette œuvre était Dumè Gallet. Décédé en 2013, cet ancien membre de Canta u Populu Corsu fut l’un des tous premiers indépendantistes à être élu à l’Assemblée de Corse, en 1984.

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