Ecosse – Après la victoire des indépendantistes

Lors des élections au Royaume-Uni, ce 8 mai, les Indépendantistes écossais sont arrivés en tête au Parlement local. Forts de ce succès, ils exigent un référendum sur l’autodétermination. Le Premier ministre britannique s’y oppose.
Nicola Ferguson Sturgeon, cheffe du Parti national écossais (SNP).
Nicola Ferguson Sturgeon, capimachja di u Partitu naziunali scuzzesi (SNP) dipò u di nuvembri di u 2014.
Les résultats du scrutin, en Ecosse constituaient l’un des enjeux majeurs des dernières élections britanniques, au vu des conséquences prévisibles quant à l’unité du pays. Elle est en effet fortement ébranlée par le Brexit, récusé par deux des nations, l’Irlande du Nord et l’Ecosse, qui composent le Royaume-Uni, mais dépendent du pouvoir dominant « anglais » de Londres.

Les Conservateurs pris dans le piège écossais

Au Parlement d’Edimbourg, les Indépendantistes ont renforcé leur majorité, lors de ces élections. Le Parti National écossais, le SNP, a remporté 64 sièges sur les 129 que compte l’institution : c’est, à un siège près, la majorité absolue ! Et les Verts, qui ont obtenu 8 sièges, sont favorables eux aussi à l’autodétermination… Les Conservateurs, s’ils sont arrivés avant les Travaillistes, sont loin derrière les Indépendantistes, avec 31 députés seulement !
Le premier ministre britannique Boris Johnson, qui ne s’est pas rendu en Ecosse durant la campagne, s’oppose à un référendum, estimant qu’une telle consultation ne peut se produire “qu’une fois par génération” !

Le poids du Brexit

Un referendum avait effectivement déjà eu lieu, en 2014, et 55 % des électeurs avaient rejeté l’Indépendance. Toutefois, le Brexit, voté en 2014 et entré en vigueur en janvier 2021, change la donne, les Ecossais s’y étant opposés à 62 % : ce nouveau contexte doit être pris en compte, soulignent les Indépendantistes.
Face au refus de Boris Johnson d’accepter un nouveau referendum, Nicola Sturgeon, la dirigeante du Parti Indépendantiste, estime que valider cette position des Conservateurs placerait Londres « “en opposition directe avec la volonté du peuple écossais et démontrerait que le Royaume-Uni n’est pas un partenariat entre égaux”. Pour sa part, Boris Johnson persiste et signe !

Le souvenir du referendum catalan…

Dans l’ensemble du Royaume-Uni, le rapport de forces est favorable au Premier Ministre. Il sort en effet renforcé des élections. Il progresse dans les régions du Nord, désindustrialisées, acquises au Brexit, et conquiert le siège de député d’Hartlepool, bastion travailliste depuis 50 ans. Au Pays de Galles en revanche, les Travaillistes obtiennent 30 des 60 sièges du parlement, contre 16 pour les Conservateurs, mais dans l’ensemble du pays, c’est malgré tout une cinglante défaite pour le Parti Travailliste, en proie à de vives querelles internes à l’issue des élections.

Pour les Indépendantistes écossais, c’est en revanche une victoire historique. Ses suites sont observées de près par les autres Nations sans état d’Europe, notamment par les Catalans, qui avaient organisé en 2017 un référendum sur l’Indépendance, non suivi d’effets, car l’Etat espagnol l’a déclaré anticonstitutionnel.

L’évènement avait déclenché une violente répression, et les élus du Gouvernement autonome de Catalogne ont été poursuivis pour rébellion et sédition. C’est à l’occasion de troubles engendrés alors que des Officiels catalans indépendantistes, destitués, ont été incarcérés ou n’ont pu échapper à la prison qu’en partant en exil !  
Les résultats écossais constituent une nouvelle étape dans la contestation des vieux Etats d’Europe occidentale, qui connaît depuis ces dernières années un nouvel essor. En témoigne, parmi bien d’autres traces, la forte hausse en Corse du vote nationaliste depuis 2015.

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